C’est au terme d’un impressionnant chantier que le Lunain a retrouvé son tracé naturel au clos de Nonville, avant l’accueil d’un hôtel-restaurant de luxe signé groupe Bertrand.
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Avant de devenir un hôtel-restaurant de luxe et d’entamer sa grande transformation, le Clos de Nonville (Seine-et-Marne) est désormais à l’abri des risques d’inondations. Ici, sur ce site magnifique combinant patrimoine et nature, le Lunain serpente à nouveau dans son lit naturel, rendu à sa liberté après des décennies de fragmentation. L’inauguration des travaux de restauration de la continuité écologique, menée par l’Epage du Bassin du Loing, marquait l’aboutissement d’un projet aussi technique qu’humain, et le début d’un renouveau pour ce site appelé à accueillir un lieu touristique haut de gamme signé groupe Bertrand.

« Avant les travaux, il existait cinq bras sur le domaine, ce qui nuisait à la vie aquatique et au bon fonctionnement de la rivière, rappelle Claire Herblot, chargée de mission à l’Epage. Grâce à la réunion des deux propriétés du Clos et du Moulin, acquises en 2020 par le groupe Bertrand, nous avons pu supprimer les ouvrages qui perturbaient les débits et replacer le Lunain en fond de vallée ».
Le chantier, d’un coût de 1,4 million d’euros, a permis de recréer plus de 700 mètres de lit naturel, de restaurer 12 000 m³ de zones humides et d’offrir à la rivière de nouveaux espaces d’expansion des crues.
La fée Bertrand a bien joué son rôle
Pour Jean-Claude Belliot, maire de Nonville, « c’est tout un écosystème qui respire de nouveau. Le Lunain a retrouvé son cours naturel, la continuité écologique est rétablie, et la biodiversité revient ». L’élu salue aussi « une collaboration exemplaire entre acteurs publics et privés », citant le partenariat entre la commune, l’Epage, les services de l’État, l’Agence de l’eau Seine-Normandie et le groupe Bertrand Hospitality.
« Prometteur » : 3 espèces protégées bichonnées
Les travaux du Lunain ont été menés avec une attention constante à la faune et à la flore locales. Trois espèces protégées ont été recensées sur le site : l’agrion de mercure, la mulette épaisse et la zanichellie des marais.
« La présence de ces espèces a nécessité un accompagnement écologique renforcé, explique Lauriane Guillermou, chargée de suivi à l’Epage. Pour l’agrion de mercure, nous n’avons travaillé que sur une seule rive afin d’éviter toute perturbation de son habitat. La mulette a été transloquée en amont, et plusieurs individus ont déjà été observés cet été. Quant à la zanichellie, une plante aquatique rare, elle a fait l’objet d’une opération de translocation et d’un suivi sur trois ans ».
Les premiers inventaires sont prometteurs. Des anguilles, truites et chabots ont été retrouvés sur le nouveau linéaire, signe que la rivière a retrouvé un bon équilibre écologique.
Un projet « co-construit », souligne encore Claire Herblot : « Nous avons travaillé main dans la main avec le groupe Bertrand, qui a adapté son propre projet pour s’accorder à la logique écologique ». L’entreprise, maître d’ouvrage de la restauration patrimoniale du site, a aussi pris à sa charge l’entretien futur des berges, formant ses équipes à la gestion des milieux humides.

Vincent Pertusier, directeur du projet pour Bertrand Hospitality, ne cache pas son enthousiasme : « Nous avons pris énormément de plaisir à voir renaître cette rivière. C’est un nouvel espace naturel magnifique, qui s’intègre parfaitement à notre projet agritouristique ».

Le futur domaine Bertrand : c’est pour quand ?
À quelques mètres du Lunain restauré, un autre chantier s’annonce. Le groupe Bertrand Hospitality, propriétaire du Clos et du Moulin de Nonville, prévoit d’y créer un domaine agritouristique de 52 hectares, mêlant hôtellerie de luxe, restauration et production agricole biologique. La restauration du Lunain était une première étape indispensable.
« On est très contents d’avoir pu rendre possibles ces travaux grâce à la reconstitution des deux propriétés du Moulin et du Château pour que la rivière puisse retrouver son lit naturel pour favoriser la continuité piscicole, sédimentaire et écologique. C’est un projet à la fois agricole et agroécologique, avec des hébergements hôteliers et un restaurant qui devraient voir le jour à l’horizon printemps 2027 », précise Vincent Pertusier, directeur du projet.
Le site comptera une cinquantaine de chambres réparties en lodges et longères boisées, un spa, une piscine, un verger, un potager bio et un chai. Le potager alimente déjà certains restaurants parisiens du groupe, dont le Bellefeuille et le Saint-James.
80 emplois créés
L’investissement, estimé entre 20 et 25 millions d’euros, devrait générer environ 80 emplois sur le territoire. Une ouverture espérée donc dans un an et demi. » Je m’avance un peu mais il faut avoir des objectifs et être positif dans la vie. Je reste confiant sur le fait qu’on puisse ouvrir ce site à l’horizon printemps 2027″.
D’ici quelques années, le domaine de 52 hectares mêlant terres agricoles, bois et berges restaurées, accueillera un hôtel cinq étoiles, un restaurant et un espace bien-être. Un symbole de renouveau pour ce territoire à la fois rural et touristique.
Benoît Digeon, président de l’Epage, conclut : « Ici, la fée Bertrand a bien joué son rôle. Ce projet montre que l’on peut concilier intérêt écologique, valorisation patrimoniale et développement local. Une rivière, c’est vivant, et ici, elle respire à nouveau ».
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