Catégories
Actualités Hauts-De-Seine:

Hauts-de-Seine : le préfet met « hors d’état de nuire » l’institut Alfoulk, soupçonné d’islamisme

C’est écrit noir sur blanc sur le site de l’établissement, aux onglets « programme » et « inscription » : à l’Institut Alfoulk d’Antony (Hauts-de-Seine), les femmes doivent avoir une autorisation de leur père ou mari pour assister aux cours, prendre « place derrière les hommes » et avoir « une tenue vestimentaire islamique », à savoir où « seuls le visage et les mains » peuvent apparaître.
Une inégalité de traitement entre hommes et femmes jugée « anti-républicaine » par le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, qui a fait de « la lutte contre l’islamisme » son cheval de bataille depuis sa prise de fonction en novembre 2024. Huit mois après un premier signalement, que ses services de renseignement avaient fait remonter jusqu’à lui, l’ancien directeur de cabinet de Gérald Darmanin a finalement obtenu la fermeture du lieu courant octobre 2025, en suivant un mode opératoire rappelant celui utilisé en mai pour « venir à bout » de l’Institut Lissen, à Colombes.

À lire aussi

L’école mise « hors d’état de nuire »

« Nous avions cette structure dans le viseur depuis un certain temps. Aujourd’hui, elle est hors d’état de nuire », s’est félicité auprès d’actu Paris Alexandre Brugère, quelques jours après la fermeture de l’Institut Alfoulk.

Nichée à moins de 500 mètres de la gare RER des Baconnets et ouverte en 2013, l’école était présidée jusque-là par un « Français converti et formé durant dix ans en Syrie et en Mauritanie », précisent les services de la préfecture à actu Paris.

école-aflouk-inscription
L’onglet inscription du site de l’institut. (©Capture d’écran)

Le président incriminé aurait également tenu il y a une quinzaine d’années des prêches violents et homophobes, notamment, selon le média du groupe Bolloré Europe 1, qui appuie ses dires sur des enregistrements.

Contacté par courrier électronique et téléphone, l’Institut Alfoulk n’a pas répondu à nos sollicitations. Le numéro de portable renseigné sur la page Facebook du lieu renvoyait, lui, directement à sa messagerie.

« Faire en sorte que plus personne n’assiste aux cours »

L’établissement a, pour sa part, fait l’objet d’un contrôle impliquant de nombreux services de l’État le 6 octobre 2025, consécutif à un premier signalement datant de février et à l’obtention d’une réquisition judiciaire de la part du procureur de la République de Nanterre.

Lors de celui-ci, quinze anomalies ont été relevées, comme la « présence de câbles électriques touchant les radiateurs », ou « l’absence de porte coupe-feu ». La sous-commission départementale pour la sécurité contre les risques d’incendie a, par conséquent, émis un avis défavorable à la poursuite de l’exploitation de l’établissement.

Un moyen pour la préfecture d’aller au plus urgent, c’est-à-dire la fermeture du lieu. « La première étape était de faire en sorte que plus personne n’assiste aux cours », nous a confirmé le service presse de cette dernière. Une méthode déjà utilisée avec l’Institut Lissen, alors également visé par des soupçons d’islamisme.

La municipalité associée à la procédure

Le préfet a ensuite saisi le maire (LR) d’Antony, Jean-Yves Sénant, afin qu’il mette « en œuvre ses pouvoirs de police administrative ». Une manière d’impliquer ce dernier faisant écho au séminaire organisé en septembre dernier par Alexandre Brugère, lors duquel l’ancien proche de Gérald Darmanin avait convié tous les maires du département, ainsi que l’ancien préfet de Police et actuel ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, sur le thème « comprendre et mieux combattre » l’islamisme.

« Volontaire », de l’avis du préfet, Jean-Yves Sénant a alors mis en demeure le 10 octobre le responsable de l’Institut Alfoulk de fermer immédiatement l’école, mais aussi de remédier à l’ensemble des anomalies sous dix jours. Le 20 octobre, les travaux nécessaires n’ayant pas été réalisés, le maire a pris un arrêté entraînant la fermeture au public du lieu.

Une « fermeture temporaire » selon l’école, qui, sur son site, se contente d’expliquer qu’elle est « due aux conditions de sécurité incendie ». Dans les faits, l’équation semble bien plus complexe.

Quelles suites ?

L’établissement ne pourra en effet rouvrir au public qu’après une mise en conformité et une visite de la commission de sécurité. Surtout, il s’agit d’un dossier hautement symbolique, suivi, selon la préfecture, par Laurent Nuñez, lorsqu’il était préfet de Police.

Il s’inscrit enfin dans une série de mesures prises depuis le début d’année par le préfet des Hauts-de-Seine, qui fait de la « lutte contre l’islamisme » sa « priorité absolue ». Parmi elles, ses équipes rappellent, notamment, l’affaire de la mosquée Ibn Badis, celle de l’Institut Lissen ou la mise en demeure de la mosquée de Bagneux.

Quant à l’Institut Alfoulk, si celui-ci dit sur son site espérer « la réouverture, ou reprendre l’année prochaine avec des cours en ligne », Alexandre Brugère martèle qu’il restera très attentif à l’évolution de la situation. Ses équipes concluent en ajoutant qu’elles sont en train d’analyser des éléments trouvés lors du contrôle du 6 octobre qui pourraient venir alimenter leur enquête interne.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.

L’équipe contact92.com vous propose ce post qui traite du sujet « Actualités Hauts-de-Seine ». Le site contact92.com est fait pour publier différents posts sur la thématique Actualités Hauts-de-Seine publiées sur le web. Cette chronique est reproduite du mieux possible. Si par hasard vous souhaitez apporter des modifications sur le thème « Actualités Hauts-de-Seine », vous êtes libre de joindre notre journaliste responsable. En visitant de façon régulière nos contenus de blog vous serez informé des prochaines annonces.