
Patrick Bruel n’est finalement pas parti en prison. Au terme d’une très longue journée durant laquelle il a été mis en examen pour différents faits de violences sexuelles, et placé sous le statut de témoin assisté pour d’autres, le chanteur et comédien de 67 ans a échappé à la détention provisoire, contre l’avis du parquet. Il était arrivé dès 8 heures du matin au tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), après 48 heures de garde à vue dans les locaux de la police judiciaire parisienne. Transporté au dépôt, Patrick Bruel a dû patienter presque toute la journée dans les geôles, le temps que les quatre juges d’instruction qui allaient le recevoir puissent étudier le volumineux et complexe dossier de violences sexuelles dans lequel il est mis en cause.
Ce n’est qu’à 18 heures que l’interrogatoire a débuté. Neuf faits à examiner, neuf versions des faits allégués à donner, plus les interventions de ses avocats, et d’éventuelles pauses… Les discussions entre les magistrats instructeurs et l’artiste ont duré trois heures heures. Il était finalement 22 h 20 lorsque l’artiste a été amené dans la salle d’audience numéro deux du tribunal judiciaire de Nanterre, où se tenait le débat devant le juge des libertés et de la détention (JLD). Celui qui allait décider de son avenir immédiat, et d’un placement en détention provisoire sollicité dès le début de la journée par le parquet.
Avant même le début de l’audience, il était acquis que le huis clos serait prononcé. Mais les quelques minutes qui ont précédé, ouvertes au public, ont permis d’apercevoir Patrick Bruel, dans le box. Mais pas de l’entendre. Calme, traits tirés mais lucide, Patrick Bruel est entré dans la salle accompagné de policiers, en venant directement des cellules du tribunal, vêtu d’un jean, d’un tee-shirt blanc et d’un pull noir.
Motif de satisfaction pour sa défense
Assis sur une simple chaise derrière laquelle était posté un agent de police, il s’est entretenu discrètement avec ses avocats, en leur chuchotant à l’oreille. Quand l’audience a débuté, il a confirmé d’un « oui » éteint son identité – son vrai nom est Maurice Benguigui – et il a écouté le JLD rappeler les faits pour lesquels ils a été mis en examen : un viol, une tentative de viol, et des faits d’agression et de harcèlement sexuel. Pour le reste, il bénéficie du statut intermédiaire de témoin assisté. Au vu des réquisitions de début de journée du procureur, qui sollicitait sa mise en examen pour un total de cinq faits criminels et quatre délictuels, cela est un premier motif de satisfaction pour sa défense.
La suite de l’audience de JLD s’est déroulée à huis clos, sans que personne ne puisse donc assister aux débats, qui ont duré une trentaine de minutes. Il n’a donc pas été possible d’entendre Patrick Bruel s’exprimer sur les charges qui pèsent à son encontre, ou sur ses arguments pour convaincre le juge de ne pas l’incarcérer. Il semble avoir été entendu. « L’instruction débute, les investigations également et Patrick Bruel y participera et se tiendra à la disposition des autorités judiciaires », a commenté son avocate Me Fanny Colin, peu après minuit.
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