Effet d’aubaine ou vraie indignation ? La municipalité des Hauts-de-Seine a annoncé retirer 40 000 euros au festival en raison de la présence du groupe nord-irlandais, qui a pris des positions radicales sur le conflit israélo-palestinien.

Les rappeurs nord-irlandais de Kneecap lors de leur prestation au prestigieux festival anglais de Glastonbury, le 28 juin dernier. Photo Matt Cardy/Getty Images
Publié le 11 juillet 2025 à 15h48
Comment faire des économies sur la culture tout en ménageant son électorat le plus conservateur ? Voilà peu ou prou le sens de la décision prise le 3 juillet dernier par le conseil municipal de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), qui supprime les 40 000 euros de subventions versés au festival Rock en Seine. La raison de cette coupe : la programmation, dimanche 24 août prochain, dernier jour de la 21ᵉ édition du festival de musique francilien, du groupe de rap nord-irlandais Kneecap. Connu pour son engagement politique en faveur de la réunification de l’Irlande, mais aussi pour son opposition radicale à la guerre menée par Israël dans les territoires palestiniens, qu’il qualifie de « génocide », le trio a provoqué une vive polémique outre-Manche cet hiver, après que deux vidéos datées de 2023 et 2024 ont refait surface.
Elles montrent le groupe sur scène déclarant : « Le seul bon conservateur est un conservateur mort » et « Debout le Hezbollah, debout le Hamas ! ». Kneecap s’est immédiatement défendu, assurant ne pas vouloir « inciter à la violence contre un député ou un individu », et n’avoir jamais soutenu « ni le Hamas, ni le Hezbollah », en protestant contre des images « délibérément sorties de leur contexte » et instrumentalisées. Liam Óg Ó hAnnaidh, l’un des deux chanteurs du groupe, a comparu récemment devant la justice pour avoir prétendument brandi, selon le Guardian, le drapeau du Hezbollah, une organisation désignée comme terroriste au Royaume-Uni. Il a néanmoins été libéré sous caution, mais reste toujours sous le coup de poursuites pour « infractions terroristes ».
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Une actualité qui déplaît manifestement à la mairie de Saint-Cloud. « Nous subventionnons les actions culturelles, pas les actions politiques. Quand ce n’est plus en adéquation avec nos objectifs, nous ne finançons pas », a déclaré Éric Berdoati, le maire divers droite (DVD) de la ville des Hauts-de-Seine au Parisien. Le festival, de son côté, a annoncé qu’en l’absence de toute condamnation judiciaire, il maintenait la venue du groupe. « Quand nous l’avons programmé à l’automne dernier, il ne faisait pas parler de lui, si ce n’est pour des bonnes raisons », a ainsi justifié Mathieu Ducos, son directeur. L’hilarant docu-fiction sur le groupe, sorti récemment au cinéma, plaide en sa faveur. Malgré cette coupe, le budget de Rock en Seine, qui s’élève à 17 millions d’euros, ne devrait pas vaciller, vu les moyens financiers de son actionnaire AEG. Mais la conception de la culture selon la mairie de Saint-Cloud — du divertissement dénué de toute aspérité ? — est désormais limpide.
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