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« Un regard nouveau » : comment le pôle cold case compte relancer l’enquête sur la tuerie de Chevaline

  • La tuerie de Chevaline, qui a fait quatre morts le 5 septembre 2012 au bord d’une route sur les hauteurs d’Annecy (Haute-Savoie), reste une affaire des plus mystérieuses.
  • Le pôle national chargé des dossiers non résolus (cold cases), basé à Nanterre (Hauts-de-Seine), a récupéré le dossier en septembre 2022.
  • Le procureur à la tête du parquet des Hauts-de-Seine, Yves Badorc, explique à « Sept à Huit » comment l’enquête pourrait rebondir.

La tuerie de Chevaline demeure, près de treize ans après les faits, l’une des affaires criminelles les plus mystérieuses du XXIe siècle. Les faits : le 5 septembre 2012, un Britannique d’origine irakienne âgé de 50 ans, Saad al-Hilli, son épouse de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans ont été retrouvés morts dans leur voiture, tués de plusieurs balles dans la tête, sur une petite route de campagne non loin du lac d’Annecy (Haute-Savoie). Un cycliste de la région, Sylvain Mollier, 45 ans, a aussi été abattu. Seules les deux fillettes du couple ont miraculeusement survécu. Depuis, les enquêteurs ont exploré de nombreuses pistes. En vain, l’ensemble des suspects ayant été mis hors de cause. Et c’est le pôle national chargé des dossiers non résolus (cold cases), basé à Nanterre (Hauts-de-Seine), qui a récupéré le dossier en septembre 2022. Pour quelles avancées aujourd’hui ?

Selon le procureur de la République Yves Badorc, nommé le 27 avril 2025 à la tête du parquet des Hauts-de-Seine, les magistrats composant ce pôle, coordonnés par la juge d’instruction Sabine Kheris, tous rompus aux affaires les plus complexes, continuent de tout faire pour trouver enfin la clé de l’énigme. « L’idée, c’est d’être complètement ouvert et de poursuivre les investigations, en étant systématiques. C’est-à-dire que les convictions, qui ont conduit à aller dans telle voie ou dans telle autre, soient poursuivies, mais sans s’interdire de rebattre les cartes et de revoir précisément les hypothèses avec un regard nouveau. Le cas échéant, à partir d’une piste retravaillée, on pourrait voir s’il n’y en a pas d’autres qui peuvent naître et mettre en place une stratégie d’enquête », explique-t-il à TF1, dans l’enquête de « Sept à Huit » visible en tête de cet article.

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Ce « regard nouveau » s’appuie notamment sur les travaux de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). « Toutes les informations étaient déjà présentes mais on n’était pas forcément en capacité de les observer et interpréter des résultats à partir de très faibles quantités d’ADN. Les techniques actuelles permettent de travailler et même, à partir de cet ADN dégradé, morcelé, d’obtenir des informations pertinentes », détaillait auprès de TF1, dans le JT de 20H du 29 mai 2024, le colonel Sylvain Hubac, chef de la division criminalistique biologie génétique à l’IRCGN.

« Il y a dix ou quinze ans, les examens ou les expertises génétiques n’étaient pas au même niveau qu’aujourd’hui, donc ça peut être une actualisation. Ça peut aussi être des vérifications complémentaires, à l’aide d’une vision nouvelle des enquêteurs, à partir de moyens techniques qu’ils n’avaient pas. Par exemple, un des actes des magistrats du pôle, ça a été d’organiser une remise en situation, pour revoir la dynamique de la scène de crime, pour modéliser les scénarios, pour vérifier les conditions dans lesquelles l’auteur des faits a été amené à commettre ces assassinats », reprend le procureur Yves Badorc.

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Cette remise en situation, datant du 17 octobre 2024, a permis de déterminer que le tueur a abattu ses cibles en moins de deux minutes, rechargeant en mouvement son arme à deux reprises, et qu’il est donc un tireur aguerri. « Tout le monde ne peut pas tirer aussi rapidement en ne changeant pas de chargeur. Une arme comme celle-ci, pour la manipuler, il faut être entrainé, ce n’est pas facile à réarmer », assurait Yves Gollety, président de la chambre syndicale des armuriers, dans le 20H du 29 mai 2024. Quant à l’arme du crime, un Luger P06 de calibre 7,65 Parabellum, elle n’a jamais été retrouvée, à part quelques fragments de la crosse qui, à l’époque, avaient permis d’identifier 6.000 armes potentielles. Les magistrats du pôle cold cases ont découvert récemment qu’elle avait été fabriquée en 1935. Et grâce à une nouvelle étude balistique, leur liste se réduit à présent à 940.

TF1
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Avec ce pistolet, le tueur de Chevaline avait, au total, tiré 21 balles en moins de neuf minutes, soit le nombre de douilles retrouvées sur la scène du crime. Les dernières expertises ADN, elles, ont abouti à l’identification de nouvelles traces génétiques, notamment débusquées sur le casque, les vêtements et les chaussures du cycliste, puis intégrées au fichier, mais pour l’instant inconnues des forces de l’ordre. Tout juste sait-on, via RTL (nouvelle fenêtre), qu’une comparaison d’empreintes a été effectuée en Autriche à la fin de l’année dernière, sans que rien ne filtre concernant le résultat de cette démarche… Le parquet de Nanterre déclare, du reste, ne pas souhaiter commenter les actes d’enquête à venir.

Hamza HIZZIR | Reportage « Sept à Huit » Julien Dumond, Jérôme Mars

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